Chronique d'une bretonne exilée pas allaeizh
17 Janvier 2013
Salut.
Ca va ?
Nan, pars pas. Je voulais pas te faire peur. Reste parler avec moi. J'ai besoin de parler. Allez, reste, tiens, mets-toi là, et bouge plus. Ecoute-moi. Tu m'écoutes maintenant. Non, non, tais-toi. Bon, c'est bon maintenant. Callate, 1 fois. Callate, 2 fois. 2 fois et demi. Bon, eh ben le baillon. Tu l'as cherché aussi. J'avais dit écoute-moi.
Je cherche une oreille attentive à mon désarroi.
Bilbao c'est magnifique. Par exemple en ce moment, il pleut. Une vrai tempête. (Ca a ses points communs avec la Bretagne, c'est vrai)
Je dis pas non plus que c'est mieux, attention ! Je te vois qui commence à baver sous ton chiffon sur la bouche, là, mais non. C'est bien, mais pas trop, tu vois. Juste ce qu'il faut pour pas que ça soit chiant.
Maladroite comme je suis, je suis la première à devoir payer plein tarif le bus parce que j'ai pas compris que si tu achètes une petite carte tout est moins cher : le bus, le métro, le train. Mais j'aime pas parler. Ah, ça c'est terrible. ici j'aime pas parler. Je parle pas. Jamais. Je dois dire que j'ai moins d'extinction de voix qu'avant. Mais je suis donc aussi la première à rater des nouvelles occasions d'avoir de l'argent quand on m'appelle sur mon portable local, et que, forcément timidité oblige (ou bétises, va-t'en savoir), je ne réponds pas.
Ah c'est tout moi ça, je te parle et je ne dis pas les choses essentielles.
Tu me suivras quand je posterai mes mésaventures ici ?
Tu me diras, tu n'as pas le choix, je te garde avec moi. Je t'apporterai de l'eau demain.
PokPok,
Pallaeizh, mais alors pas du tout.